Dévolution légale : qui hérite sans testament au Luxembourg

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La dévolution légale désigne la manière dont la loi répartit une succession lorsque le défunt n'a pas laissé de testament. Au Luxembourg, le Code civil fixe un ordre précis des héritiers. Cette page détaille cet ordre, les droits du conjoint survivant et les cas de représentation.

En bref : sans testament, héritent d'abord les descendants. Le conjoint survivant a un statut particulier : il concourt avec les enfants. À défaut de descendants, viennent les père et mère avec les frères et sœurs, puis les autres ascendants, puis les collatéraux ordinaires, et en dernier ressort l'État. Le partenaire d'un partenariat déclaré n'hérite pas légalement.

L'ordre des héritiers

OrdreHéritiers
1Descendants (enfants, petits-enfants par représentation)
2Conjoint survivant (statut particulier, concourt avec les autres ordres)
3Père et mère, frères et sœurs et leurs descendants
4Autres ascendants (grands-parents, arrière-grands-parents)
5Collatéraux ordinaires (oncles, tantes, cousins) jusqu'au degré fixé par la loi
6L'État, à défaut de tout héritier

Les descendants

Les enfants du défunt héritent en première ligne, à parts égales et en pleine propriété, sans distinction d'origine (enfants nés dans ou hors mariage, adoptés en la forme plénière). En cas de prédécès d'un enfant, ses propres enfants (les petits-enfants du défunt) le représentent et recueillent collectivement sa part.

Les droits du conjoint survivant

Avec des enfants

Le conjoint survivant doit choisir entre deux options :

  • l'usufruit du logement commun occupé par les époux et de son mobilier (droit d'habitation viager) ; ou
  • une part en pleine propriété, qui ne peut être inférieure à un quart de la succession.

Le choix se déclare dans un délai de trois mois et quarante jours à compter du décès, devant le greffe du tribunal d'arrondissement. À défaut de déclaration, c'est l'usufruit qui s'applique par défaut. Si le conjoint survivant choisit la part en pleine propriété, celle-ci s'impute sur les parts des enfants, qui sont réduites proportionnellement sans pouvoir descendre en dessous de leur réserve.

Remariage du conjoint : lorsque le conjoint a opté pour l'usufruit et qu'il se remarie, les enfants peuvent, dans un certain délai, demander la conversion de l'usufruit en capital ou en rente afin de sortir de l'indivision avec leur beau-parent.

Sans descendants

En l'absence de descendant, le conjoint survivant recueille la totalité de la succession en pleine propriété, à l'exclusion des père et mère, frères, sœurs et autres parents.

Ascendants et collatéraux (sans conjoint ni descendants)

Lorsque le défunt ne laisse ni descendant ni conjoint :

  • Père et mère vivants, avec frères et sœurs : chaque parent reçoit un quart, et les frères et sœurs (ou leurs descendants par représentation) se partagent la moitié restante.
  • Un seul parent vivant, avec frères et sœurs : ce parent reçoit un quart, les frères et sœurs trois quarts.
  • Sans parents, avec frères et sœurs : la succession se partage entre les frères et sœurs et leurs descendants.
  • Sans descendants, conjoint, parents ni frères et sœurs : la succession se divise par moitié entre la ligne paternelle et la ligne maternelle (fente successorale), au profit des ascendants puis des collatéraux les plus proches de chaque ligne.

La fente successorale

La fente est la règle qui partage la succession en deux moitiés égales, l'une pour la ligne paternelle, l'autre pour la ligne maternelle, lorsque héritent des ascendants ou des collatéraux autres que les frères et sœurs. Chaque ligne recueille sa moitié indépendamment ; si une ligne est dépourvue d'héritier, l'autre ligne recueille la totalité.

La représentation

La représentation permet aux descendants d'un héritier prédécédé de venir à la succession à sa place et de recueillir sa part. Elle joue :

  • en ligne directe descendante à l'infini (petits-enfants, arrière-petits-enfants) ;
  • en faveur des enfants des frères et sœurs prédécédés ;
  • jamais en faveur des ascendants.
Exemple : Marc a 3 enfants : Anne, Bernard et Claire. Bernard décède avant Marc en laissant 2 enfants. Au décès de Marc, sans testament, Anne et Claire reçoivent chacune un tiers, et les 2 enfants de Bernard se partagent le tiers de leur père (un sixième chacun).

Qui n'hérite pas sans testament

  • Le partenaire d'un partenariat déclaré : aucune vocation successorale légale. Seul un testament lui permet d'hériter.
  • Le concubin : aucun droit successoral.
  • L'ex-conjoint divorcé : le divorce éteint toute vocation successorale.
  • Les amis, filleuls, beaux-enfants : aucun droit légal sans testament.
Conséquence pratique : si vous vivez en partenariat ou en concubinage, votre partenaire ne recevra rien en l'absence de testament, et votre patrimoine ira à des parents éloignés voire à l'État. La rédaction d'un testament olographe est alors indispensable.

Questions fréquentes

Mon partenaire hérite-t-il sans testament ?

Non. Le partenariat déclaré ne confère aucune vocation successorale légale. Sans testament, votre partenaire n'hérite de rien. Rédigez un testament pour le protéger.

Quelle est la part exacte de mon conjoint ?

En présence d'enfants, il choisit entre l'usufruit du logement commun et de son mobilier, ou un quart de la succession en pleine propriété. Sans enfants, il recueille toute la succession.

L'État peut-il vraiment hériter ?

Oui, en dernier ressort, lorsque le défunt ne laisse aucun héritier dans les ordres prévus par la loi. C'est rare mais possible, en particulier pour les personnes isolées sans testament.

Comment changer l'ordre légal ?

En rédigeant un testament. Vous pouvez gratifier un partenaire, un ami ou une association de la quotité disponible, dans le respect de la réserve des descendants.

Prochaines étapes

Pour modifier l'ordre légal en faveur des personnes de votre choix, rédigez un testament olographe à l'aide de nos modèles. Pour connaître la part que vous ne pouvez pas attribuer librement, consultez la réserve héréditaire. Pour les patrimoines complexes, voyez le testament authentique. Source officielle : Guichet.lu, succession sans testament.

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Questions fréquentes

Le projet en lui-même est une aide à la rédaction et n'est pas encore juridiquement valable. Un testament olographe n'est valable que s'il est écrit en entier, daté et signé de la main du testateur (art. 970 du Code civil). Notre projet sert de modèle à recopier.

Le droit français des successions exige que le testament olographe (art. 970 du Code civil) soit écrit en entier, daté et signé de la main du testateur. Un testament imprimé ou rédigé à l'ordinateur n'est pas valable en tant que testament olographe (il peut en revanche être reçu en la forme authentique par un notaire).

La réserve héréditaire est la part du patrimoine que la loi réserve obligatoirement à certains héritiers (les enfants, ou à défaut le conjoint survivant). Elle ne peut pas être supprimée par testament. Notre projet en tient compte dans sa rédaction.

Le plus sûr est de le déposer chez un notaire, qui l'inscrira au Fichier Central des Dispositions de Dernières Volontés (FCDDV) afin qu'il soit retrouvé au moment de la succession. Vous pouvez aussi le conserver chez vous en lieu sûr et informer une personne de confiance du lieu de conservation.

Oui, à tout moment. Vous pouvez modifier, compléter ou révoquer entièrement votre testament. Il suffit de rédiger un nouveau testament révoquant expressément le précédent.

Non. Notre service crée un projet de testament à titre d'aide à la rédaction. En cas de patrimoine complexe, de patrimoine d'entreprise ou de famille recomposée, nous recommandons en outre la consultation d'un avocat spécialisé en droit des successions ou d'un notaire.

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